Fenx (1974)

Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, 2025

Acrylique sur toile de lin

195 x 130 cm

Signée

Unique

 


« Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » : derrière l'icône, une femme de chair et de sang.

 

Dans cette œuvre majeure, Fenx donne à la figure de la Madone un visage et un nom : Sonia.

Cette femme, dont le courage a permis de sauver des vies lors des attentats du 13 novembre à Paris, incarne ici une sainteté laïque. Consciente des risques pour elle et les siens, elle a choisi l’interposition.

 

L’héroïsme du quotidien :

Si Sonia récuse le terme d’héroïne, Fenx voit dans son geste l’expression absolue du courage : celui qui n’est ni intéressé, ni spectaculaire, mais qui fait passer le bien commun avant soi-même. Le t-shirt siglé « Anti Hero » (clin d’œil à la marque de skateboard) souligne ce refus de la posture. C'est l’acte d’une personne ordinaire dont l’humanité devient extraordinaire par sa lucidité.

 

Un sacrifice réinventé :

L’agneau, symbole traditionnel de pureté et d’offrande, quitte ici le dogme religieux pour devenir universel. L’innocence n’est plus une abstraction : elle est portée, défendue. La Madone se tient sur la ligne de crête, entre la violence et la vie, assumant le sacrifice pour préserver l’Autre.

 

Le dialogue des codes :

En arrière-plan, l’inscription « Agnus Dei » en Cholo writing, graffiti issu des gangs et de la guérilla urbaine, crée un télescopage symbolique. Fenx fait dialoguer le sacrifice christique, la violence de la rue et le courage dans une esthétique urbaine et populaire.


Une humanité de résistance :

Ainsi, les « enfants du Bon Dieu » ne sont plus des figures de vitrail, mais ces êtres qui, quelles que soient leur culture ou leur religion, incarnent une résistance faite de douceur et de responsabilité face à la brutalité du monde.



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