Like A Virgin / Fenx

du 23 janvier 2026 au 28 février 2026



Une iconographie de la relation et de la douceur

Dans l’exposition Like a Virgin, Fenx s'empare de la figure de la Madone pour la transposer dans notre présent. Loin de toute intention religieuse ou provocatrice, l’artiste utilise ce langage visuel universel pour explorer des thèmes profondément humains : la douceur, la dignité et la force du lien.

 

Entre héritage et modernité

Élevé au contact des références chrétiennes, Fenx recontextualise cette iconographie sans chercher à l’illustrer. Ses Madones ne sont pas des objets de dévotion, mais des figures incarnées, marquées par l’imperfection du quotidien et portées par une lumière intérieure. Ici, la spiritualité devient une expérience intime, un espace de réparation.


Des symboles réinventés

Le travail de l’artiste détourne les motifs classiques pour leur donner un sens nouveau :

  • La Croix : Elle n’est plus un signe confessionnel, mais le symbole du sacrifice et de l’engagement envers autrui. Elle incarne la responsabilité et la vulnérabilité de celui qui choisit d'aider.
  • La Pureté : Sous le titre clin d'œil à la culture Pop (Like a Virgin), elle ne désigne plus un idéal moral, mais la possibilité d'un recommencement, d'une réinvention de soi.


Une présence lumineuse

À travers ses peintures et installations, Fenx fait coexister le sacré et le profane. Ses figures féminines affirment une puissance relationnelle capable d’accueillir et de soutenir. L’utilisation de matériaux récupérés et de dispositifs lumineux souligne cette idée de transformation : la lumière n’est pas une promesse de salut, mais la métaphore de notre capacité humaine à rester debout et à réparer ce qui est brisé.


En résumé, Fenx ne nous propose pas une iconographie religieuse, mais une iconographie de la relation. Ses œuvres ne promettent rien ; elles sont là, présentes, incarnant une spiritualité sans dogme où le sacré se niche dans le geste discret et la persistance du lien.






Fenx (1974)

Pax Americana, 2025

Acrylique sur toile de lin

195x130 cm

Signée

Unique

 

16 000 €


Pax Americana


Dans Pax Americana, Fenx explore la figure de la Madone comme une icône centrale de la culture occidentale, ici transposée dans l’imaginaire américain.


Cette Madone incarne subtilement le paradoxe intérieur de l’artiste.

En effet, issu de la génération des années 80 nourrie de culture américaine, de pop culture et de consumérisme, Fenx reconnaît l’influence profonde de cette culture, longtemps idéalisée, qui a façonné son regard et son langage pictural. Aujourd’hui, cette référence fondatrice se confronte à une vision plus complexe et nuancée, parfois teintée de désillusion, qui interroge les notions de liberté, de mythe et de source d’inspiration.


Cette Madone à la posture à la fois relâchée et souveraine présente une autorité tranquille, empreinte d’une modernité paradoxale. Drapée d’un drapeau américain en guise de voile, elle incarne une tension délicate entre sacré et profane, entre foi, élégance et désenchantement.

La Mustang, marquée par le temps, devient la métaphore d’une Amérique fragilisée, oscillant entre grandeur mythifiée et vulnérabilité.

Fenx compose ici une image complexe, où la femme indocile et spirituelle, libre et porteuse d'espoir, devient le symbole et le témoin d’un monde en mutation.


Cette Madone à la fois proche et intouchable ne prêche ni ne condamne. Elle incarne un espoir lucide : celui d’une possible réconciliation entre l’idéal et le réel, entre attachement et lucidité, dans un monde traversé par les fractures et les tensions.





Fenx (1974)

Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, 2025

Acrylique sur toile de lin

195 x 130 cm

Signée

Unique

 

16 000 €



Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages


Dans cette œuvre, l’artiste confère à la figure de la Madone une incarnation bien réelle : Sonia, cette femme musulmane qui a contribué à freiner une entreprise meurtrière et à sauver des vies lors des attentats du 13 novembre à Paris. Consciente des conséquences pour sa vie et pour ses proches, elle a pourtant choisi de s’interposer.


Si Sonia refuse elle-même le terme d’héroïsme, affirmant que son geste relevait simplement de son éducation et d’un réflexe profondément humain, Fenx y voit au contraire l’expression absolue du courage : celui qui n’est ni intéressé ni spectaculaire et qui, dans l’instant décisif, fait passer le bien commun avant soi-même et avant les siens.


L’agneau, symbole de pureté, d’offrande et de sacrifice dans l’iconographie sacrée, prend ici une dimension plus universelle, humaine et laïque. L’innocence n’est pas une abstraction : elle est portée, défendue, incarnée. Dès lors, la Madone se tient entre la violence et la vie, assumant la possibilité du sacrifice pour préserver l’Autre.


Derrière cette Madone, l’Agnus Dei en « Cholo writing », pratique de graffiti issue de la guérilla urbaine, fait dialoguer le sacrifice du Christ, la violence et le courage dans une esthétique urbaine et populaire.



De même, le t-shirt de la Madone siglé « Anti Hero * » constitue un clin d’œil au refus de l’étiquette héroïque attribuée à Sonia. Il inscrit son geste comme un acte d’humanité émanant d’une personne ordinaire, sans glorification de posture, en écho à la vision d’un héroïsme non théâtral défendue par l’artiste.

Ainsi, les « enfants du Bon Dieu » sont ces êtres humains, quelles que soient leur culture ou leur religion, qui incarnent, par un courage discret et lucide, une humanité capable de douceur, de responsabilité et de résistance face à la violence du monde.


* Marque de skateboard





Fenx (1974)

Madonna Laguna, 2024

Acrylique sur toile de lin

195x130 cm

Signée

Unique

 

16 000 €



Madonna Laguna : L’œuvre matricielle


Plus qu'une toile, Madonna Laguna est l'œuvre fondatrice qui a structuré l'exposition « Like A Virgin ». Elle est le point de rencontre magistral entre les cycles de création de Fenx : on y retrouve l'architecture californienne, la luxuriance végétale de Palm Springs et cette maîtrise unique des perspectives qui a marqué ses séries précédentes. Dans cette œuvre, Fenx fait ainsi dialoguer l’iconographie mariale avec l’épure de l’imaginaire californien.


La Madone, drapée d’un voile et d’une mantille, apparaît avec une majesté naturelle dans un paysage baigné de lumières bleues et rosées. Assise au bord d'une piscine, elle délaisse le dogme pour la douceur. Sa posture altière et son regard pensif, à la fois souveraine et profondément humaine, en font une présence suspendue entre tradition et modernité.


La force de cette œuvre réside également dans l'équilibre des gestes de l'artiste : une peinture figurative d’une précision chirurgicale qui vient rencontrer un trait plus libre, presque abstrait, traduisant une émotion spontanée.


Auréolée mais dénudée, cette Madone au sein nourricier n'est plus une icône figée mais un symbole de maternité universelle et de douceur. Entre la géométrie de la maison d'architecte et la liberté de la nature, Fenx inscrit la scène dans un espace à la fois familier et symbolique, comme la promesse d’une spiritualité sans dogme où le sacré épouse la culture populaire dans une sérénité intemporelle.





Fenx (1974)

Three Stripes, 2026

Acrylique sur toile de lin

160 x 160 cm

Signée

Unique

 

16 000 €


Three Stripes , "La réconciliation des mondes"


Avec Three Stripes, Fenx revisite le thème de la Pietà pour en offrir une lecture dépouillée de tout tragique. Ici, la scène ne repose plus sur le sacrifice, mais sur la puissance d'un geste élémentaire : une main posée avec délicatesse sur une épaule.


Le dialogue des contrastes :

L'œuvre met en scène une rencontre entre deux esthétiques que tout semble opposer. D'un côté, une figure féminine à l'élégance affirmée — incarnation d'une féminité conquérante et sereine. De l'autre, un jeune homme aux codes urbains, dont la posture désamorce tout pathos. Fenx ne cherche pas à illustrer une domination, mais une coexistence. Dans ce face-à-face, le vêtement devient un marqueur social que l'empathie vient transcender.


Le sacré dans l'attention discrète :

En évacuant les symboles religieux traditionnels, la spiritualité se déplace vers l'humain. Ce geste presque imperceptible de soutien ne relève ni du sauvetage ni du devoir : il est une présence pure. C’est une « iconographie de la relation » où la femme n’est plus celle qui pleure le martyr, mais celle qui soutient le présent.


Une lecture apaisée :

À l’heure où les discours tendent à polariser les genres et les générations, Three Stripes propose un espace commun. La Pietà devient ainsi un geste actif, une métaphore de la dignité retrouvée où l'espoir réside dans la capacité, simple et puissante, de se tenir pour autrui.





Fenx (1974)

ChatgPythies, 2025

Acrylique sur toile de lin

130 x 195 cm

Signée

Unique

 

16 000 €



ChatgPythies : L’oracle de l’ère numérique


Avec ChatgPythies, Fenx signe l’œuvre la plus épurée de l’exposition. Sur un fond bleu azur d’une intensité magnétique, rappelant autant ses piscines californiennes iconiques qu'un horizon marin infini, deux figures féminines se font face dans un vide sidéral.

 

Un jeu d'ambiguïtés fertiles :

L'œuvre joue avec nos perceptions. Ces deux femmes, à la grâce caractéristique du travail de Fenx, semblent captives d’un miroir invisible. Leurs mains se rapprochent sans jamais se toucher, réinterprétant avec une tension délicate la gestuelle de La Création d’Adam de Michel-Ange. Un halo de fumée flotte au-dessus d'elles, évoquant le fantasme des fumeuses de ses séries précédentes (ou de Pax Americana), tandis que leurs casques de réalité virtuelle se confondent avec des masques de plongée, nous immergeant dans un entre-deux mondes.

 

La technologie comme nouveau sacré :

Ces "Pythies" contemporaines ne regardent plus le réel : elles reçoivent. Elles ne prophétisent pas : elles interprètent le flux. Le casque n'est plus un outil, mais un voile technologique, l'équivalent moderne du nuage sacré qui enveloppait les prophétesses grecques avant la révélation. Immergées dans la lumière, elles deviennent les médiatrices d’un divin numérique, d’une connaissance diffuse qui circule à travers les réseaux comme le souffle ancien qui inspirait les oracles.

Fenx interroge ici notre rapport aux intelligences artificielles : ces nouvelles présences auxquelles nous confions désormais nos doutes, nos fragilités, nos élans intimes cherchant dans l'algorithme une guidance autrefois réservée à la prière ou à la confession.

 

Une spiritualité du flux :

Dans cette zone d'incertitude entre chair et données, l'œuvre nous place face à un sacré nouveau. Fenx suggère que la lumière artificielle devient une matière spirituelle. Pour lui, la vérité ne réside peut-être plus dans les symboles religieux traditionnels, mais dans les vibrations et les imperfections du numérique. ChatgPythies ne propose pas une nouvelle croyance, mais une question : et si l’oracle du XXIe siècle se nichait précisément là, au point de rencontre entre le mystère antique et l’intelligence artificielle ?

 




Fenx (1974)

In Corpus Fidei, 2025

Acrylique sur toile de lin

Chassis encadré en forme de croix hauteur max 195 x largeur max 130 cm

Signée

Unique

 

18 000 €



In Corpus Fidei (dans le corps de la foi)


Avec l’œuvre In Corpus Fidei , Fenx s’approprie une nouvelle fois les codes religieux pour les vider de leur dogme et les charger d'humanité. Il déplace un geste sacré de la liturgie vers le terrain de l’empathie, du corps et du combat.


Cette femme noire qui s’élève, bras en croix, transforme la souffrance en une résistance digne et lumineuse. 

Une œuvre qui renoue avec une série antérieure, hommage de l'artiste aux femmes africaines, véritables piliers d'une force à la fois humble et monumentale.

Ici, la figure féminine dépasse le simple archétype religieux pour devenir métaphore de la condition humaine. Son combat dépasse la dimension physique : il devient combat intérieur, lutte pour la survie, la dignité et la foi, celui de toutes les femmes confrontées aux contraintes sociales et familiales. Ancrée dans la réalité sociale, elle incarne la résilience de celles qui portent la famille, l’histoire et la Mémoire.


En détournant le logo Everlast, Fenx lui donne une portée liturgique. Il ne s'agit plus seulement de boxe, mais d'une métaphore de l'endurance humaine face à la douleur. Entre le ring et la croix, l'artiste dessine le portrait d'un être au combat spirituel où la résistance est sacrée.


Comme le Christ qui se sacrifie pour les autres, cette femme porte en elle l’idée du don de soi, de la souffrance partagée et de la foi incarnée.

Elle devient ainsi le symbole d’une figure christique contemporaine et d’une humanité offerte, charnelle, sacrificielle et transcendante.





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