LUCAS RIBEYRON


“Capricci”


du 18 septembre au 31 octobre 2020 


Né en Italie au XVIIIe siècle, le capriccio désignait une forme de liberté : celle de composer un paysage affranchi du réel où des ruines antiques côtoyaient des architectures inventées, où la ville rêvée supplantait la ville vécue. De Canaletto à Hubert Robert, de Piranèse à Francesco Guardi, la veduta oscillait entre le témoignage fidèle d'une cité et sa transfiguration imaginaire. Diffusés à travers l'Europe par les voyageurs en quête d'Italie, ces paysages composés mêlaient souvenir de voyage et fantasme.


C'est dans cet héritage que s'inscrivent les derniers travaux de Lucas Ribeyron tout en y insufflant son urgence contemporaine.

Ses paysages portent la mémoire des villes, calanques ou plages méditerranéennes découvertes. Les couleurs s'embrasent, les architectures vacillent, la nature reprend ses droits.


L'artiste rejoue la tension fondatrice du genre, entre le réel et l'imaginé, entre la trace et le désir. Il interroge nos représentations actuelles du « territoire » : ce que nous construisons, ce que nous effaçons, la place que nous consentons ou refusons à la nature dans nos espaces.

Entre deux mondes qui se superposent, le spectateur traverse un paysage aux couleurs flamboyantes.


Un caprice d’émerveillement qui devient une nécessité face à nos anxiétés contemporaines.