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Keith Haring & Friends

28/06/2013 > 31/07/2013 and 03/09/2013 > 21/09/2013

Radiant Baby (From Icons Series) , 1990

Communiqué de Presse / Press Release

Dossier de Presse
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Press Release
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Video of exhibition - Interview of Nadège Buffe, Founder and Director of Tagliatella Paris

Après une première exposition consacrée en 2011 à Keith Haring, la Galerie Taglialatella rend hommage pour la deuxième fois au père du « Radiant Baby », artiste phare de la galerie, avec une nouvelle exposition intitulée « Keith Haring & Friends ».

 

Cette exposition se veut, dans une dimension plus confidentielle, complémentaire à l’importante rétrospective consacrée actuellement à l’artiste au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris portant sur l’axe politique de sa démarche. La Galerie Taglialatella a une ambition, celle de plonger le spectateur dans l’univers des années 80 à New York et de regrouper autour de l’Œuvre de Keith Haring, certaines pièces de ses contemporains et amis comme Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat ou encore Kenny Scharf. 

© Keith Haring Foundation - Growing #3, 1988 

Le souhait est de faire la part belle à la dimension accessible de sa démarche avec la présentation de subway drawings, d’éditions sur papier et de dessins, tous représentatifs de son univers pop, et de souligner les points communs avec ses contemporains. En effet, tous ces artistes et amis, mus par une énergie inépuisable et une insatiable curiosité, ont déployé leurs œuvres dans le New York des années 1980 et ont créé, dans la lignée de la démarche de Warhol leur père spirituel, une connexion entre le milieu de l’art contemporain et celui de la culture populaire (notamment par le biais de lieux d’échanges et du graffiti). 

L'art est pour tous

© Keith Haring Foundation, Untitled (Serpent), 1982 

Keith Haring peint, dessine et sculpte avec des matériaux peu traditionnels. Sa préoccupation première est de rendre l’art accessible, par l’expression, par le support, par les moyens utilisés, il investit notamment les espaces publicitaires vacants des stations de métro avec ses fameux Subway Drawings.1

“Le public a droit à de l’art. Le public a été ignoré par la plupart des artistes contemporains. Le public a besoin d’art, et il est de la responsabilité de l’«artiste autoproclamé» de comprendre que le public a besoin d’art, et de ne pas faire de l’art bourgeois pour quelques-uns seulement, tout en ignorant la masse. L’art est pour tous ». Keith Haring, Journals op. cit. p.17 

© Keith Haring Foundation, Ladderman, 1985 

De son côté, Basquiat conquiert les rue de New York sous le pseudonyme de « Samo » et Scharf habille les murs des rues de personnages psychédéliques. Ensemble, ils donnent une impulsion nouvelle au monde l’art moderne et contemporain.

C’est par la rue et les clubs que se fait l’entrée de ces jeunes artistes dans le monde artistique à la fin des années 1970 – début des années 1980 et non par les galeries. Leur modèle : Andy Warhol.

En effet, dans les années 1978-79 la guerre contre le graffiti n'a pas encore vraiment commencé. Cet art a pu librement s’épanouir et le mouvement connaitre son apogée avec des artistes de rue dotés d’une incroyable maitrise du dessin à l’aérosol et d’une vraie fluidité de la ligne. Cette ligne noire qui obsédait notamment Haring depuis l’enfance.

Point communs entre tous ces artistes: un rapport privilégié aux médias, aux signes de la rue et à la culture du quotidien, ils ont su s’approprier ces codes populaires pour les reprendre dans leurs créations. 

Friends

Il y a tout d’abord le maître, Andy Warhol. Avec des débuts en tant qu’artiste commercial, Warhol a su se réinventer comme artiste d’images médiatiques élevées talentueusement au rang d’œuvres d’art.

 

Keith Haring et Andy Warhol se sont rencontrés en 1983 lors du vernissage de l’exposition « Shadow » qui se tenait à la Dia Fondation et Warhol lui a donné une copie d’un numéro du magazine Interview, qu’il dirigeait à l’époque. L’acte est symbolique car plus tard Haring utilisera souvent les pages du magazine pour réaliser ses dessins sur ce type de papier, gage d’accessibilité, concept cher à l’artiste.

Par la suite, les deux artistes ont été présentés officiellement à la Factory par Christopher Makos (Photographe Américain, élève de Man Ray, qui travaillait avec Warhol). Warhol est devenu le mentor de Keith Haring et un ami proche.

 

Keith Haring et Kenny Scharf ont tous deux partagé les bancs de la School of Visual Arts de New-York. Souvent le travail de Kenny Scharf est volontairement vulgaire et puéril. L'artiste révèle dans l’excès, en ajoutant de plus en plus d’éléments aux travaux, en créant couche après couche. Il n'y a pas de vrais thèmes, pas d'histoires, juste une gaieté irrésistible, image sur image. Cependant, même si ses œuvres incorporent des images de la publicité, Kenny Scharf est en constante mutation dans un langage visuel qui exprime un univers de plus en plus singulier, avec ses propres règles et sa propre syntaxe. 

 Pop Shop III (D), 1989                                   Untitled (Red Man), 1986               Barking Dog ( Icons series), 1990 

Keith Haring a rencontré Basquiat vers la fin de sa scolarité à la School of Visual Arts. Lorsque le graffiti signé «SAMO » a commencé à apparaître dans les rues de New York, pendant presque un an, personne n’avait idée de qui était cet artiste. Haring commença à s’intéresser à ce travail singulier qui se révélait sur les chemins qu’il empruntait quotidiennement. C’était la première fois qu’il voyait ce qu’il appela un « graffiti linéaire » c'est-à-dire un graffiti non réalisé pour le plaisir d’écrire une signature ou d’évoquer une recherche formelle, mais plutôt le souhait d’exprimer des idées par le biais de poèmes écrits dans la rue. Pour Haring, ces poèmes vous arrêtaient dans la rue et vous faisaient réfléchir.

 

«Tout était très excitant - vivre dans Greenwich Village, avoir mon propre appartement et aller à l'école. Et c’était génial de rencontrer Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat, qui sont devenus mes amis et voulaient aussi devenir des artistes ". Keith Haring, Journals

Jean-Michel Basquiat Untitled (Per Capita), 1982/2001 

Keith Haring, Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat, ont grandi avec les bandes dessinées et les dessins animés. Haring et Basquiat s'intéressent également à la sémiotique et cherchent différentes manières d’utiliser le langage et l’écriture dans leurs œuvres. 

 

La ligne devient le fil conducteur de leur discours avec un vocabulaire et des symboles qui leur sont propres. Leurs « emblèmes » fonctionnent comme des pictogrammes, des « icônes » comme le chien auréolé de rayons qui aboie, le bébé à quatre pattes, l’ange jaune ou le superman rouge avec ses ailes de dragon ou encore la couronne pour Basquiat. 

 

Des « faiseurs d’images »1, c’est ce que sont ces artistes. Ils ont trouvé les signes pour dire la violence, l’argent et le sexe, la religion et le racisme, et rendre compte au mieux, soit de façon allégorique, soit abstraite, ou les deux à la fois, de la société dans laquelle ils vivent. Au-delà de leur talent, ils ont réfléchi très précisément au rôle que leurs œuvres et eux-mêmes pouvaient tenir dans l’histoire de l’art.

 

Comme ceux de Keith Haring, les travaux de Scharf ou de Basquiat s’intéressent à la vie sous toutes ses formes. Si au premier regard leurs œuvres semblent enfantines et naïves, elles regorgent en réalité de symboles et de messages profonds. Derrière leur aspect éclatant, les œuvres de Keith Haring comme celles de Scharf ou de Basquiat invitent leurs contemporains à la réflexion. En utilisant une imagerie facilement identifiable, ces artistes dépassent la simple représentation, ils bousculent la convention et encouragent la sensibilité du spectateur. Par le biais des symboles de la culture populaire, ils ont su créer un art mêlant à la fois humour et enthousiasme, force et angoisse, Keith Haring et ses « friends » sont des artistes ancrés dans la réalité. 

Kenny Scharf (1958) Antenza, 1999

Keith Haring meurt du Sida en 1990 laissant derrière lui une œuvre colossale, fruit de dix courtes mais intensives années de création. En combinant les idées universelles et des thèmes engagés avec un style expressif et coloré, Haring a su attirer un large public et assurer tant l'accessibilité que la pérennité de son art. Ses œuvres, dynamiques, sont devenues une partie unique de la culture contemporaine. 

© Keith Haring Foundation, Untitled (Foster & Kingman), 1982 

ANNEXE

 

Extrait de Paolo Buggiani tiré de l’Ouvrage : "KEITH HARING Subway Blackboards and Street Art 1980 – 1986" édité par Gianluca Marziani 

 

"En 1981, quelques dessins simples, mais néanmoins dotés d’une grande profondeur, commencent à apparaître de plus en plus souvent dans les corridors et les stations du métro new yorkais. Ils se démarquent de la multitude d’images et de graffitis présents habituellement sur les murs. Ces dessins sont réalisés d’une main sûre, craie blanche sur papier noir, une apparition immaculée qui, par sa densité, rend invisible les annonces et autres graphismes qui figurent au- dessous.

Les symboles apportent une attraction quasi-hypnotique : radiant baby, radiant dog, radiant fish, des hommes qui élèvent des pyramides jusqu’au ciel, des écrans de télévision qui annoncent des catastrophes atomiques avec des chiens qui aboient de part et d’autre (une allusion évidente aux 2 puissances mondiales : Russie et Amérique).

Une nouvelle forme de communication semble être apparue dans les racines de Manhattan, à laquelle les passants semblent inconsciemment préparés jusqu’à apprécier de plus en plus cette expression nouvelle qui suit son chemin.

Il s’agit d’un alphabet inédit, façon Keith Haring, face auquel personne n’était familiarisé mais que chacun commence spontanément à « adopter ».

Un matin, à Brodway puis à Lafayette, j’ai vu 2 hommes entreprendre d’arracher par lambeaux les dessins sur le mur, prêts à les remplacer par des affiches publicitaires. Ils venaient justement de décoller un très gros dessin (et facilement repérable) sur papier noir, et lorsque je leur ai demandé si je pouvais le récupérer avec d’autres fragments, ils me l’ont donné avec un air étonné.

Je voulais préserver par tous les moyens la présence physique de ces documents qui étaient si importants pour moi et par la même occasion si éphémères.

 

A partir de cet instant j’ai commencé à les photographier de plus en plus souvent et lorsque je pouvais, je tentais de sauver l’un d’entre eux pour tous les nouveaux messages que Keith Haring avait dessinés.

Plus tard, après le succès de sa première exposition, de plus en plus d’individus ont commencé à collectionner ses dessins de métro, à tel point que j’ai décidé que ma mission était terminée.

Etrangement Richard Hambleton sentit la même attirance magnétique face à ces dessins que moi et a également éprouvé le besoin de conserver ce travail.

En fait une bonne partie de sa Collection apparut plus tard dans le recueil : « Keith Haring : Future Primeval », publié par la University Gallery, Illinois State University Normal, Illinois, 1990 (dans ce même recueil en page 34 il avait également inclus l’un des dessins que j’avais conservé le 24 juin 1982 : « Lexington 23ème rue »).

Quand plus tard j’ai fait la rencontre de Keith Haring, j’ai finalement été capable de lui dire combien son travail m’avait exalté et que j’avais pu préserver une partie fondamentale de ses messages. Il était également familiarisé avec mon propre Street Art : les "flying skaters" dédiés à Icare, le Minotaure en feu, ma planche de surf sur la publicité de métro pour Channel 7 ..."

Paolo Buggiani était un ami de Keith Haring ainsi qu’un confrère ayant lui-même été artiste de rue. Keith l’appelait le “Batman” et lui a même consacré un personnage. Personnage que l’on retrouve souvent estampillé au dos des œuvres de la Collection Buggiani.

Paolo Buggiani a suivi Keith Haring à travers la ville et le métro se faisant un point d’honneur à récupérer son travail urbain. Il a eu l’heureuse présence d’esprit de travailler avec un restaurateur professionnel afin de préserver ses dessins sur toiles ou sur panneaux et de les dater.

Paolo Buggiani est aujourd’hui le Collectionneur mais également la provenance la plus légitime des Subway Drawings de Keith haring. 

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