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Digital Underground

Kongo

 

10/03/2017 > 13/05/2017

Kongo, Digital Underground, 2017

© @auriellejioya

Jean-Pierre Elkabbach, Nadège Buffe et Kongo ©wladsimitchphotography
Kongo et Nadège Buffe sur le plateau de Jean-Pierre Elkabbach pour une “Bibliothèque Médicis” exceptionnelle dédiée au Graffiti et au Street Art.
 
Pour revoir l’émission : cliquer ici
Kongo (1969) Application, 2017 Acrylic, oil pastel, ink and aerosol on canvas 100 x 100 cm Unique Signed
Kongo (1969) Extension, 2017 Acrylic, oil pastel, ink and aerosol on canvas 100 x 100 cm Unique Signed
Kongo (1969) Vers d’Autres Mondes, 2017 Acrylic and oil pastel on canvas 81 x 130 cm Unique Signed
Kongo (1969) Straight From, 2017 Acrylic, oil pastel, ink and aerosol on canvas 100 x 100 cm Unique Signed
Kongo (1969) From My Phone, 2017 Acrylic, oil pastel, ink and aerosol on canvas 100 x 100 cm Unique Signed
Kongo (1969) Open the Door, 2017 Mixed media and Roondz on door 69 x 210 cm Unique Signed
Kongo (1969) Monde Virtuel, 2017 Acrylic and oil pastel on canvas 162 x 97 cm Unique Signed
Kongo (1969) Social Media, 2017 Acrylic and oil pastel on canvas 60 x 120 cm Unique Signed
Kongo (1969) Les Nouveaux Outils, 2017 Oil pastel, ink and aerosol on canvas 200 x 200 cm Unique Signed

Les influences multiculturelles ont forgé l’identité et le style de l’artiste Kongo, impliqué dans une quête identitaire et un besoin d’expression universelle qui lui font choisir le graffiti comme moyen de s’exprimer.

 

Engagé et solidaire, il a largement contribué à défendre le graffiti en tant que discipline artistique et à le faire reconnaître à sa juste valeur. Il est notamment le fondateur du festival Kosmopolite (festival international de graffiti à Bagnolet).

 

Expressif et coloré, son style tend à une abstraction calligraphique immédiatement reconnaissable. Les lettrages et formes se construisent dans une recherche visuelle élaborée où le geste spontané ne laisse pourtant rien au hasard. L’artiste se nourrit en permanence de ses voyages et rencontres. Son vocabulaire graphique utilise la plupart des techniques classiques de l’art urbain : bombe, pochoir, encre, marqueur.

 

Le projet « Digital Undergound » que soutient la galerie Taglialatella est une nouvelle étape dans la construction de l’artiste. Kongo souhaite mettre en exergue les similarités entre le graffiti, un langage crypté grâce auquel les graffeurs communiquent entre eux et s’expriment au reste du monde, et les nouveaux outils de communication créés à partir de langages informatiques codifiés. C’est également un clin d’oeil à tous les blogs, fanzines, site internet et chansons créées par les passionnés de graffiti.

 

Le monde de l’art et la visibilité des artistes ont évolué ces dernières années avec l’apparition des réseaux sociaux. Face aux évolutions technologiques, il est un artiste « connecté » et dans ce projet, il y a l’idée que le graffiti, qui fait partie intégrante de notre quotidien, est un « cadeau » que l’on peut désormais voir depuis un téléphone portable.


L’application créée par l’artiste et qui accompagne chaque oeuvre exposée est le balancement entre deux mondes dont la toile est la clé qui permet de passer de l’un à l’autre. D’une part l’application incarne un monde dans lequel l’artiste partage ses messages et émotions, elle représente virtuellement une partie de sa réalité et expériences. D’autre part c’est dans l’intimité et l’univers propre de chaque spectateur que l’artiste vient s’introduire. En effet le smartphone est devenu la boite à outils du monde entier, indispensable à tout mouvement jusqu’à recéler chaque partie de la vie de chacun, une intimité évidente.

 

Par conséquent la toile et l’outil qui l’accompagne incarnent le champ des inspirations et émotions de part et d’autre de l’artiste et du spectateur.

 

Et puis il y a aussi dans cette démarche le jeu du paradoxe : dans cette course à la dématérialisation qui ouvre de nouveaux horizons à chacun, l’artiste célèbre pourtant par cette application le lien humain et la confrontation artistique dans l’espace limité de la galerie par la présence concrète du spectateur et de la toile.

 

Nadège Buffe

 

Je dis souvent que mon plaisir n’est pas tant d’être reconnu que de pouvoir échanger sans avoir à connaître la langue du pays dans lequel je me trouve. J’ai pris conscience que mon langage était universel. C’est ma manière de contribuer au bien-être de la société dans laquelle je vis.

 

Le temps que je passe à peindre, la peinture, le matériel sur un mur gris, je considère que c’est un cadeau que je fais à la rue, à la société.

 

Pendant trente ans j’ai peint quasi-gratuitement et hors système, notre politique étant de ne rien attendre de personne, de faire les choses par nous-mêmes ; d’être libres, de décider de dire oui ou non.

 

Cette liberté et cette indépendance je les retrouve aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux. La dématérialisation propre aux nouveaux outils comme Instagram ou Facebook permet non seulement d’aller au-delà du mur de la rue ou des galeries mais aussi de dépasser les frontières pour être vu par le plus grand nombre. Il ne s’agit plus d’offrir seulement ce cadeau à la société mais au monde entier. Ce langage devient plus universel que jamais.

 

Les possibilités sont infinies, je suis dans mon atelier, je poste un travail sur Instagram et dès cet instant mon oeuvre voyage, elle se retrouve dans le smartphone de chacun, cette générosité est sans limite. Il y a aussi les risques de cette exposition sans égale ; la dureté du jugement immédiat ou l’incompréhension peuvent s’immiscer dans le flot de cette interactivité, mais c’est le prix à payer de cette nouvelle norme, de cette liberté infinie.

 

Le projet « Digital Undergound » que je présente aujourd’hui à la galerie Taglialatella est le point de départ d’une recherche axée sur ces nouveaux outils de communication.
J’ai créé une série d’oeuvres accompagnées d’une application mobile. Chaque toile révèle une multitude de contenus liés à mon univers via l’application (photographies, vidéos, croquis d’archives, etc.) afin d’enrichir le lien avec le visiteur et d’être au plus proche de chacun.

 

C’est le début de quelque chose, j’ai conscience de jouer avec mon temps, j’ignore encore où ce projet va me conduire mais c’est aussi l’incertitude propre à notre époque...

 

 

Kongo

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© Galerie Taglialatella